Plateforme de mobile learning standard face à une application e-learning sur mesure

Plateforme de mobile learning ou application sur mesure : comment choisir ?

Table des matières

La demande arrive souvent de la même façon : un dirigeant a vu une application de formation chez un concurrent ou un partenaire, et il veut la même chose, avec les vidéos de l’entreprise, des quiz et un classement. Deux réponses se présentent aussitôt. Les éditeurs de mobile learning proposent une démo et un abonnement. Un développeur propose de construire une application à votre image. Les deux semblent répondre au besoin, et leurs prix ne se comparent pas directement.

La plupart des articles sur le mobile learning sont écrits par des éditeurs de plateformes. Leur conclusion est écrite d’avance : prenez une plateforme, la leur de préférence. Chez Learny Bloom, on voit les trois côtés de la question. On produit chaque semaine des contenus diffusés sur les LMS de nos clients. On les conseille quand ils choisissent une plateforme, en comparant les offres du marché pour leur compte. Et on a construit des applications d’apprentissage de A à Z.

De cette position, notre avis est tranché : dans la grande majorité des cas, une plateforme du marché suffit, et payer du sur mesure pour une fonction qui existe déjà est une mauvaise affaire. Le sur mesure se justifie dans des situations précises. Cet article les décrit, à partir de ce que les responsables formation nous disent en rendez-vous et de ce qu’on leur répond.

En bref

Une plateforme de mobile learning du marché suffit dans la plupart des cas : quand ses mécaniques couvrent votre besoin, que votre public est standard et que vous devez déployer vite. Une application e-learning sur mesure se justifie quand votre pédagogie est précise, que votre public ou vos processus sont spécifiques, que l’outil doit s’intégrer à votre système d’information et à un dispositif mixte, ou que vous voulez décider vous-même de vos données et de vos évolutions. Dans tous les cas, comparez les deux options sur trois ans, et nommez la personne qui fera vivre l’outil.

1. Ce qu'une plateforme de mobile learning fait bien

Le mobile learning désigne la formation suivie sur téléphone, en sessions courtes, le plus souvent dans une application dédiée. Une plateforme de mobile learning du marché arrive avec des mécaniques éprouvées : quiz courts, défis quotidiens, séries, badges, classements, notifications de rappel. Elles font ce pour quoi elles ont été conçues : entretenir des connaissances, rythmer une campagne, garder le contact avec des apprenants éloignés.

Elle se déploie vite. L’application existe déjà sur les stores, l’éditeur la maintient à jour à chaque version des systèmes de téléphone, il gère l’hébergement et la sécurité. Vous paramétrez, vous chargez vos contenus, vous invitez vos apprenants. Les tableaux de suivi sont prêts. Et son coût d’entrée est lisible : un abonnement, souvent calculé par utilisateur. Pour un premier projet, le risque est limité.

On déconseille d’ailleurs régulièrement de construire. Un fabricant nous a contactés cet été : sa direction voulait une application à l’image de la marque pour former ses commerciaux et les vendeurs de ses distributeurs. Un développeur avait déjà chiffré la construction. Les enseignes qui vendaient ses produits avaient toutes leur propre plateforme. Le plus simple était de leur livrer les modules en SCORM, là où leurs vendeurs se formaient déjà, et d’utiliser une plateforme en marque blanche pour l’équipe interne.

Une précaution garde votre liberté, quelle que soit la plateforme choisie : produire vos modules dans un outil auteur et les déposer en SCORM, plutôt que de les créer dans l’éditeur intégré. C’est ce qu’on répond quand on nous demande si on peut changer de plateforme plus tard :

« Avec un fichier SCORM, vous n’êtes pas mariés à la plateforme. Un contenu créé directement dedans, lui, y reste. »

La limite structurelle : la feuille de route de l'éditeur

Les fonctions qu’un éditeur développe sont celles que réclament la majorité de ses clients, ou les plus gros d’entre eux. Si votre besoin est minoritaire, il attendra, parfois pour toujours. On le voit en ce moment avec l’intelligence artificielle : les éditeurs la mettent partout, parce que le marché la demande et qu’elle ouvre de nouveaux clients, pendant que des fonctions basiques, attendues depuis des années par les utilisateurs, ne sortent pas. Quand on accompagne un client sur sa plateforme, une partie du travail consiste à expliquer pourquoi telle évolution, évidente de son point de vue, n’arrivera pas. Acheter une plateforme, c’est aussi acheter les priorités de son éditeur.

2. Les signaux qu'une plateforme ne suffira pas

Une plateforme de mobile learning impose ses mécaniques, son parcours type et son modèle de données. Tant que votre besoin rentre dedans, c’est un avantage. Quand il déborde, chaque écart se paie en contournements. Et la démo ne vous le montrera pas : elle présente le cas idéal, avec des données propres et des outils qui se parlent. L’écart apparaît après, quand vous voulez piloter vos propres indicateurs ou brancher la plateforme sur vos autres outils. Voici ce qu’on entend quand le besoin déborde.

Une mécanique manque : « Notre LMS est assez limité, il ne nous permet pas d'aller vraiment dans la personnalisation. »

Cette phrase, on l’entend à propos de LMS très différents. Derrière, il y a presque toujours une mécanique précise que l’outil ne sait pas faire : un parcours qui change selon le profil que l’apprenant déclare au départ, un accompagnateur que chacun choisit, un défi entre équipes qui suit une logique propre au métier. Et la feuille de route de l’éditeur ne la prévoit pas.

Ce qu’on répond d’abord : si une seule mécanique manque, ajouter un outil coûte cher pour ce que ça rapporte. Il faut un abonnement par utilisateur de plus, des inscriptions à gérer en double, et des résultats qui ne remontent pas au même endroit. Une équipe commerciale voulait un challenge avec classement, impossible dans son LMS. On a joué l’émulation autrement, dans la scénarisation, avec un collègue fictif qui traverse le parcours aux côtés de l’apprenant. La question du sur mesure se pose quand plusieurs mécaniques manquent à la fois, ou quand l’une d’elles est au cœur du dispositif.

Un public hors norme : « Nos équipes terrain accèdent à un ordinateur, mais ce n'est pas un ordinateur personnel. C'est plutôt celui du chef de service. »

Les plateformes sont dessinées pour un apprenant moyen : quelques minutes par jour, un téléphone à soi, une connexion stable, un vocabulaire générique. Vos apprenants travaillent peut-être en horaires décalés, sur un poste partagé, dans des zones sans réseau, avec un jargon métier précis. Plus l’écart est grand avec l’apprenant moyen, plus l’adoption dépend d’un outil où chaque écran leur ressemble, et d’une réponse claire sur l’appareil utilisé et le temps consacré.

L'intégration au système d'information : « Si on veut que ça communique, il faudra refaire des inscriptions. Il faudra voir s'il y a des API. »

Inscrire automatiquement les nouveaux arrivants depuis le SIRH, faire remonter les résultats dans le LMS, ouvrir l’application depuis un outil métier : sans connexion par API, quelqu’un recopie des listes à la main, chaque mois. Certaines plateformes proposent des connecteurs. Vérifiez lesquels, avec quels outils, et ce qu’ils coûtent en plus de l’abonnement. Quand le besoin d’intégration est au centre du projet, c’est souvent lui qui fait basculer vers le sur mesure.

La propriété des contenus : « La partie e-learning ne nous appartient pas, c'est propre à eux. »

Ce responsable formation décrivait un pilote mené avec un prestataire. Les contenus étaient restés chez lui, et rien n’était récupérable à la fin du contrat. On l’entend aussi pour les données des apprenants, stockées dans un outil dont on ne sait pas grand-chose. Posez les questions avant de signer : qui possède les contenus, où sont stockées les données, peut-on tout exporter, dans quel format ?

Les fonctions que personne n'ouvre

Fil social, bibliothèque de ressources, rapports avancés, évaluation à 360 degrés : une plateforme vend un ensemble. Si vos apprenants n’utilisent que deux écrans, vous financez le reste, et vous devez l’expliquer à chaque déploiement, puisque l’interface montre tout.

3. Ce que permet une application de mobile learning sur mesure

Les agences de développement vendent le sur mesure avec les mêmes arguments pour un CRM que pour un outil de production : un outil qui s’adapte à vos processus, une intégration à vos autres logiciels, une application qui évolue avec vous. Tout cela vaut pour la formation. Mais le sur mesure apporte autre chose à un dispositif d’apprentissage, et c’est là qu’il pèse le plus.

La pédagogie décide de l'outil

Une plateforme de mobile learning est conçue pour convenir au plus grand nombre, donc à une pédagogie moyenne : des cartes, des quiz, des points. Si votre ingénierie pédagogique est précise, avec de la répétition espacée réglée sur votre rythme métier, des mises en situation qui reproduisent vos postes de travail, des parcours qui bifurquent selon les réponses, un accompagnement humain intégré au parcours, aucun catalogue ne la contient. Dans une application construite pour vous, chaque mécanique existe parce que le synopsis l’a demandée.

L'univers parle à vos apprenants

Le ton, les personnages, les situations, l’ambiance visuelle sont écrits pour votre public, et pour lui seul. Quand on a conçu Onboardy pour préparer des alternants à l’entreprise, tout a été scénarisé pour eux : les cinq minutes par jour, l’accompagnateur que chacun choisit, les situations de bureau et d’atelier, le langage. Une plateforme généraliste aurait imposé son habillage et ses mécaniques, et le dispositif aurait perdu ce qui le fait adopter.

Le dispositif s'articule avec le reste

Une application sur mesure se conçoit dès le départ avec ce qui l’entoure : les ateliers en présentiel qu’elle prépare et qu’elle prolonge, le tutorat, les temps managériaux. Onboardy a été pensée avec des ateliers en présentiel, nourris par ce qui s’est réellement passé dans l’application pendant la semaine. Ce lien entre le numérique et la salle est le plus difficile à obtenir avec un outil conçu pour vivre seul.

Vos processus, vos données, vos connexions

Chaque entreprise a ses propres processus, et c’est souvent sur eux que porte la formation. L’application les reproduit tels qu’ils sont, au lieu de les traduire dans le vocabulaire d’un éditeur. Vous décidez de ce qui remonte, à qui, sous quelle forme, et de ce qui ne se collecte pas. Vous décidez des connexions au SIRH, au LMS ou aux outils métier, sans attendre qu’un connecteur figure au catalogue.

La feuille de route est la vôtre

Une évolution se décide quand votre besoin change, à votre rythme. La fonction basique que vous attendiez d’un éditeur depuis deux ans se développe en quelques semaines.

Application e-learning sur mesure : l'univers cybersécurité d'Onboardy et l'ambiance du soir de Stelune

Ces arguments ont un prix d’entrée, et ils supposent une vision pédagogique assez affirmée pour justifier qu’on construise. Dans certains secteurs, pour certains publics, c’est une évidence. Pour une campagne de sensibilisation annuelle, ça ne l’est pas.

4. Ce que coûte chaque option dans la durée

Un abonnement annuel et un devis de construction ne se comparent qu’à durée égale : celle pendant laquelle l’outil doit servir. Demandez systématiquement le coût sur trois ans, abonnement, paramétrage initial et support compris. Le résultat surprend souvent.

Plateforme : un coût qui revient chaque année

Côté plateforme, le coût revient chaque année et suit vos effectifs. Ce qu’on dit en rendez-vous aux petites équipes :

« Vous risquez de payer très cher pour une vingtaine de personnes. Sur beaucoup de plateformes, le ticket d’entrée est calculé pour une centaine de personnes au moins. »

Les offres s’accompagnent souvent d’un engagement de plusieurs années. Un point se négocie : être facturé sur les utilisateurs actifs plutôt que sur les inscrits, quand une partie du public ne se connecte que de temps en temps.

Sur mesure : un investissement, puis des frais faibles

Côté sur mesure, la structure est inverse : un investissement au départ, puis des coûts de fonctionnement faibles. Pas de licence par utilisateur. L’hébergement se dimensionne sur l’usage réel, et pour une application de formation, il pèse peu. Restent les mises à jour imposées par les systèmes des téléphones et les évolutions que vous décidez. Deux façons de les gérer : le prestataire livre tout, avec le code et la documentation, et votre équipe prend le relais ; ou vous signez un contrat de maintenance, qui finance vos propres évolutions et vous donne votre propre feuille de route. Le choix dépend de vos ressources internes et de la façon dont vous voulez piloter. Sur trois ans, pour un public de taille moyenne, le sur mesure revient souvent moins cher qu’on ne l’imagine en lisant le devis.

Un point de vigilance, quel que soit le prestataire :

« Vous allez être liés à votre développeur. Surtout si c’est un freelance : demain, il arrête son activité, et vous ne pouvez plus rien modifier. »

Exigez la propriété du code et une documentation qui permette à quelqu’un d’autre de le reprendre. C’est ce qui rend le premier scénario possible.

Dans les deux cas, un coût n’apparaît sur aucun devis. La question qu’on pose à chaque premier rendez-vous :

« Vous avez déjà pensé à qui allait administrer la plateforme au quotidien une fois lancée ? Les inscriptions, le suivi, la mise à jour des contenus ? »

Ça se compte en heures chaque semaine, toute l’année. Un outil sans administrateur identifié cesse de vivre en quelques mois, qu’il soit loué ou construit.

5. Quatre choix à faire avant de trancher

Ces quatre questions déterminent à la fois l’outil et son prix. Les trancher avant de consulter vous évite de comparer des propositions qui ne répondent pas au même besoin.

Un usage individuel ou piloté ?

Une équipe doit-elle suivre la progression, repérer les personnes en difficulté, adapter un temps présentiel à ce qui s’est passé dans l’application ? Ou l’outil sert-il chacun pour soi ? Les deux applications nées à l’agence illustrent ces deux cas. Onboardy, destinée aux écoles et aux CFA pour préparer les alternants à l’entreprise, donne à l’équipe pédagogique un tableau de bord par cohorte. Stelune, conçue pour les parents d’enfants avec un TDAH, n’a aucun pilotage : l’usage est personnel.

Tableau de bord par cohorte d'Onboardy face au bilan du soir de Stelune, un usage personnel sans tableau de bord

Des données collectées, ou aucune ?

Chaque donnée collectée doit servir à quelque chose, être stockée quelque part et protégée. Un tableau de bord a un coût, en développement comme en conformité. S’il ne sert à personne, mieux vaut s’en passer.

Qui administre, qui maintient ?

Nommez la personne avant de choisir l’outil. Si personne n’a de temps à y consacrer, la plateforme la plus simple l’emporte, quelle que soit sa richesse fonctionnelle.

Combien de temps l'outil doit-il vivre ?

Une campagne de quelques mois s’appuie sur ce qui existe. Un dispositif central, appelé à durer et à évoluer avec vos métiers, amortit plus facilement une construction sur mesure.

6. LMS et mobile learning : l'application de votre LMS suffit-elle ?

La plupart des LMS proposent une application mobile. C’est souvent le premier réflexe : l’outil existe, il suffit de l’ouvrir sur téléphone. Reste à savoir si quelqu’un s’en sert. Ce qu’on a entendu ce trimestre chez un groupe aux équipes réparties sur plusieurs sites :

« On a l’application mobile de notre LMS. Aujourd’hui, je suis incapable de vous dire le niveau d’utilisation ou d’engagement de cette application. »

L’application s’installe sur le téléphone personnel, et chacun décide de le faire ou non. En pratique, la formation passait par le poste partagé du service, ce qui imposait des modules courts, bouclés en une seule session.

Avant de miser sur l’application de votre LMS, trois vérifications.

Mobile learning : choisir à partir de ce que vos apprenants doivent faire

Infographie mobile learning : quand rester sur une plateforme du marché et quand construire une application e-learning sur mesure

Partez de ce que vos apprenants doivent savoir faire, dans quelles conditions, et de ce que l’équipe formation doit suivre. Si une plateforme de mobile learning du marché couvre ce besoin, prenez-la : elle sera en place plus vite et quelqu’un d’autre la maintiendra.

Le sur mesure s’impose dans quatre situations :

Deux de ces quatre conditions réunies, et la construction mérite un chiffrage sur trois ans face à l’abonnement. À condition, dans tous les cas, d’avoir prévu qui fera vivre l’outil.

C’est la même logique que pour les contenus : le choix entre un module sur étagère et un module sur mesure se fait sur les mêmes critères de spécificité, de durée de vie et de mise à jour. Et si la question est de savoir qui produit, l’article internaliser ou passer par une agence pose les repères.

Vous avez un besoin que votre plateforme ne couvre pas ? Décrivez-nous ce que vos apprenants doivent savoir faire, avec quels outils et quelles contraintes. On vous dira si une plateforme suffit, ou si une application e-learning sur mesure vaut l’investissement.

Les questions qu'on nous pose en rendez-vous

Le chiffre dépend du nombre d’écrans, des mécaniques pédagogiques, des connexions à vos outils et du suivi attendu. Il se fixe au synopsis, une fois le périmètre arrêté. L’investissement se fait au départ ; ensuite, sans licence par utilisateur, les coûts de fonctionnement restent faibles. Pour comparer avec une plateforme, ramenez les deux options à trois ans, en comptant l’hébergement et la maintenance côté sur mesure, l’abonnement, le paramétrage et le support côté plateforme.

Dans un projet sur mesure bien cadré, vous. Faites-le écrire dans le contrat, avec la remise des fichiers sources et d’une documentation qui permette à un autre prestataire de reprendre le code. Sur une plateforme, lisez la clause de réversibilité : ce que vous pouvez exporter, et dans quel format.

Si vous possédez le code et la documentation, un autre développeur reprend l’application. Si le code appartient au prestataire, ou s’il n’est pas documenté, vous repartez de zéro. C’est la question à poser avant de choisir entre un indépendant et une équipe.

Oui, par API, si vos outils en proposent une. C’est même l’un des cas où le sur mesure prend tout son sens : inscriptions automatiques, résultats qui remontent dans le LMS, ouverture depuis un outil métier. Vérifiez avec votre DSI ce que vos outils exposent avant de lancer la consultation.

Pas nécessairement. Un module conçu pour le téléphone, déposé en SCORM sur votre LMS et ouvert dans le navigateur, suffit souvent. L’application devient utile quand il faut des notifications, un usage hors connexion, ou des mécaniques que le LMS ne propose pas.